Mot du président

On a coutume de dire que le rugby, c’est l’école de la vie.

Au fait, pourquoi dit-on cela ?

«Parce que cette balle ovale si particulière au jeu de rugby, on ne sait jamais où elle va. On est face à l’imprévu, face à son destin.  Comme dans la vie …» (Pascal Legitimus – comédien).

Mais puisque le rugby est une école, il faut respecter ses règles, son code, son éthique.

Alors, quoi de mieux qu’une maison du rugby pour que les enfants du quartier viennent apprendre ces règles, ce code, viennent découvrir quelles sont ces valeurs du rugby, ces valeurs dont on leur dit qu’elles feront d’eux, s’ils s’en imprègnent, des hommes courageux, bien éduqués, donc des hommes aimés et heureux ?

Ces valeurs du rugby, de grands hommes de tous horizons (du sport, de la politique, de la culture…) les ont depuis longtemps magnées mais il est

opportun de les rappeler encore et toujours, la répétition ayant une valeur pédagogique.

«Un sport où sont simultanément requis l’intelligence et la force, la puissance et la rapidité, l’adresse et la solidité, la fixation et le mouvement,

l’intuition et le sang-froid …» a dit du rugby l’ex-premier ministre français Michel ROCARD.

Mais toutes ces qualités requises chez le joueur de rugby ne doivent surtout pas décourager les «anonymes du physique», ceux dont la carrure passe partout ne fait retourner personne sur leur passage.

Si le basket est fait pour les grands, la lutte pour les gros et forts, la course à pied pour les rapides ou les endurants, le cyclisme pour les légers, le rugby, lui, est fait pour tout le monde.

N’est-il pas composé, comme le rappelle si joliment l’écrivain Jean Giraudoux, « de 8 joueurs forts et actifs, 2 légers et rusés, 4 grands rapides et d’un (petit) dernier, modèle de legme et de sang-froid ? » Et d’en conclure : «le rugby, c’est la proportion idéale entre les hommes ! »

Au-delà du jeu lui-même, le rugby, c’est aussi l’apprentissage de la discipline, du respect de l’adversaire, mais aussi de la convivialité et il faut y jouer jeune et le plus longtemps possible puisque, comme le souligne Jean Pierre Rives, ex capitaine emblématique de l’équipe de France, « c’est un sport qui permet aux enfants d’être plus rapidement des hommes et aux hommes de rester plus longtemps des enfants.»

Quant à la solidarité entre les hommes de rugby, née de ce combat collectif – le rugby est le seul sport de combat collectif avec le football américain –

Jean Pierre Rives (encore lui) l’a illustrée de bien belle manière : «Le rugby, c’est un ballon et 15 hommes autour.  Un jour, le ballon n’est plus là. Mais les hommes y sont !»

Parmi ces hommes, qui sont restés idèles à leurs compagnons de jeu toute leur vie durant, deux méritent d’être cités, non pas parce qu’ils furent de grands joueurs – ils ne l’ont pas été – mais par ce qu’ils sont devenus, par ce qu’ils représentent pour notre jeunesse et pour nous tous.

«J’aime le rugby et, devrais-je en crever, je continuerai à y jouer» a un jour déclaré Ernesto Guevara - dit Che Guevara - à son père qui s’inquiétait de le voir pratiquer ce sport importé en 1873 sur les rives du Rio de la Plata, par des gentlemen anglais.

Il faut dire que Che Guevara était soumis, depuis sa petite enfance, à de violentes crises d’asthme et qu’il lui fallait, pendant les matches, sortir du terrain toutes les 15 à 20 minutes pour aspirer une bouffée de broncho-dilatateur et pouvoir ainsi continuer à jouer.

«C’était extraordinaire de le voir ainsi lutter contre la souffrance» se souvient un de ses compagnons de jeunesse. Dans l’éventail des ses passions, le rugby occupait une place à part. Il était le demi de mêlée de l’équipe première des Estudiantes de Cordeba avant de trouver sa place à l’aile gauche et un surnom, «Fuser», pour «furibondo de la Serna».

Son père dira de lui «qu’il a toujours gardé du rugby son affection pour l’esprit, la discipline et le respect de l’adversaire.»

Et c’est sans doute dans le rugby, grâce à qui il a pu se mesurer à des monstres physiques, à de prétendues citadelles imprenables, que le Che a forgé l’un de ses plus célèbres slogans «soyez réalistes, demandez l’impossible !»

Alors, chers enfants de Yoff, faites comme lui. Demandez l’impossible. Devenez les sportifs accomplis d’un sport qui, grâce à vous, sera demain un sport majeur dans votre quartier si vivant.

Et n’oubliez pas : dans la maison du rugby, chez vous, sur les terrains, dans la rue, soyez des modèles. Toujours.

Et puisque vous admirez tous Nelson Mandela, puisque le monde entier admire Nelson Mandela, sachez qu’il a dit un jour des joueurs de rugby qu’ils «sont des modèles pour les jeunes de notre Nation».

Chers enfants de la maison du rugby, lisez, relisez, faites lire à vos amis, à vos parents, à vos voisins, ce que tous ces grands hommes ont dit du rugby.

Assurément, ça les rassurera.

Mais surtout et c’est capital, inspirez-vous d’eux pour devenir des gentlemen, de véritables «modèles pour notre nation».

 

Merci

 

Guedel Ndiaye

 

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